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SODIDA-TURF

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SODIDA-TURF. BLOG PMU pronostic quinté+ et résultat du jour. LA GRILLE MAGIQUE EST LA VALEUR AJOUTÉE.'' LE PMU N'EST PAS UN JEU DE HASARD, FAUT FAIRE SON PAPIER''


VALEUR HANDICAP - LU POUR VOUS DANS PARISTURF

Publié par SODIDA-TURF sur 19 Août 2022, 17:39pm

Catégories : #LU POUR VOUS

En France, 35 % des courses plates sont des épreuves dites “handicaps” et 15 % en obstacle. Finalement, le chiffre est assez faible mais comme ces courses ont très souvent la vitrine des Quinté+, elles font beaucoup parler d’elles. Plus globalement, les valeurs au galop sont un sujet fondamental. Chef des handicapeurs chez France Galop,Éric Le Guen nous explique comment cela fonctionne, éclairci plusieurs points sur les valeurs et tord le coup à quelques idées reçues.
 
• Tout simplement, c’est quoi une épreuve handicap ?
C’est une course où le poids permet à l’ensemble des concurrents, a priori, d’avoir une chance équivalente au départ.
 
• On a l’impression qu’il y en a de plus en plus en France. Est-ce exact ?
Oui c’est vrai. Il y a une évolution à la hausse sur les dernières années. Les courses en plus ont été prises sur des courses réclamers car avec les handicaps nous sommes quasiment sûr d’avoir entre 12 et 16 partants et vous savez l’importance de ce nombre pour les enjeux. Par ailleurs, les entraîneurs sont demandeurs d’handicaps de 2 ans car les entourages ne veulent pas courir à réclamer tout de suite. C’est une filière parallèle intéressante pour les chevaux intermédiaires, voire bons. La mentalité est en train de changer là-dessus.
 
• Et par rapport aux autres pays de courses ?
En Angleterre, les handicaps représentent 53 % du programme et à Hong-Kong plus de 80 %. Nous n’avons pas encore passé le cap d’avoir des groupes en mode handicap comme cela se fait en Australie. La plus belle épreuve de ce pays, la Melbourne Cup, se dispute ainsi.
 
• Parlons un peu méthodologie. Concrètement, à quel moment donne-t-on la première valeur ?
Depuis le 1er mars 2016, une valeur est affichée sur le site de France Galop pour chaque cheval après seulement trois performances. Après, le cheval peut courir dans les courses handicaps s’il est qualifié selon les conditions générales de France Galop. Aujourd’hui, la publication des poids est le jour de l’engagement à 15h30. Cela vient de changer depuis le 1er mars 2019. Cela évite des incompréhensions.
 
• Concrètement, comment faites-vous pour donner une valeur à un cheval ?
Le meilleur moyen est de commencer par le haut de la pyramide. On débute donc par la première listed et la première course de groupe pour les 2 ans. Par expérience, depuis plusieurs années, les gagnants se situent entre 45 et 47 de valeur s’il gagne de façon normale. Cela nous fait une trame pour élargir ensuite. Nous pouvons dans ces deux courses donner une valeur aux autres concurrents s’ils sont encore avec le cheval à lutte dans les deux cents derniers mètres. Résultat, cinq ou six chevaux ont une valeur et on se réfère à un tableau (voir tableau ci-dessous). Cela nous permet d’établir une base de travail. Le gagnant va généralement courir ensuite le Prix La Flèche et ses adversaires vont donc avoir une valeur. Les autres une classe 1 ou une classe 2 et élargir donc le nombre de chevaux avec une valeur. Et ainsi de suite…
 
• C’est quoi une valeur conventionnelle ? Pas grand monde ne connaît ce terme...
On l’utilise quand nous n’avons pas assez d’éléments pour juger le cheval. Prenons un exemple concret. Un cheval court un fois à 2 ans en juin sur 1.000 m. Une fois sur 1.800 mètres en novembre en terrain lourd. Et une autre fois sur PSF,en mars. À chaque fois, il termine avant-dernier, dernier ou assez loin. Nous ne sommes pas capables de lui donner une valeur, donc nous nous référons au tableau (voir tableau ci-dessous) pour lui donner une valeur. Idem pour un concurrent en obstacle qui est arrêté deux fois et tombe à la troisième fois. Forcément, sa valeur conventionnelle va être défavorable, mais nous n’obligeons personne à aller courir handicap tout de suite après. Faites-nous voir sa vraie valeur…
 
• Dans quel but cela a été créée ?
Les valeurs conventionnelles sont là pour préserver les turfistes. Autrement, très vite des personnes pourraient saisir cette occasion et se qualifier dans les handicaps à une valeur très (trop) basse. Nous voulons que les chevaux courent à leur niveau. Notre rôle est de préserver les parieurs. Ce n’est pas un poids de méfiance, car je le répète : sur un même parcours, un pensionnaire d’André Fabre ou de Jean-Claude Rouget aura la même valeur que pour n’importe quel autre entraîneur.
 
• Ensuite, comment faites-vous pour actualiser les valeurs ?
Après chaque nouvelle performance d’un cheval, une commission réunissant plusieurs handicapeurs actualise la valeur en tenant compte à la fois du résultat obtenu dans la course et de la carrière du cheval. De nombreux paramètres sont alors pris en considération : l’écart à l’arrivée, la facilité pour la victoire ou difficulté pour les chevaux non placés, le parcours (cheval gêné ou enfermé), l’état du terrain, l’inspiration du jockey et le fait que le cheval soit plus ou moins sollicité, la distance de la course en adéquation avec les performances précédentes, les performances antérieures. Il y a également six règles immuables (voir ci-dessous).
 
• Depuis deux ans, les femmes jockeys bénéficient dans plusieurs épreuves d’une décharge. En tenez-vous compte ?
Non, comme pour les décharges d’apprentis. On considère que s’ils ont une décharge, c’est justifié. On l’a fait une seule fois il y a une quinzaine d’années quand Christophe Soumillon était apprenti, car nous avions vu des qualités hors du commun dès cette époque. Mais pour revenir sur une idée reçue : la décharge pour les femmes jockeys n’a pas faussé les courses handicaps.
 
• Y-a-t-il une règle pour la pénalisation après une victoire dans un handicap ?
Non. En règle générale, dans les handicaps quinté, ça va de 2,5 à 4 kilos. Nous avons déjà mis 7 kilos après une victoire impressionnante. Il serait très difficile d’avoir un barème et d’enlever le caractère humain là-dessus.
 
• Question toute simple : si un cheval perd le bénéfice de sa victoire dans le bureau des commissaires. Est-il quand même pénalisé ?
Il y a longtemps, on le faisait. Nous ne le faisons plus. Idem pour un cheval qui tombe à la dernière haie alors qu’il avait course gagnée.
 
• Est-ce qu’un cheval qui termine deuxième d’un handicap peut voir sa valeur augmenter ?
On peut pénaliser les chevaux pour les deuxièmes places qu’entre la 4e et 5e sortie (encadré : c’est la règle 4) sur une performance qui nous parait très significative. Cette doctrine a changé depuis trois ans à la demande de France Galop. À sa sixième course, s’il ne gagne pas, il ne sera pas pénalisé. Que ce soit clair, à partir de la sixième course, un cheval en valeur 25 qui termine troisième d’une classe 1 entre six chevaux en valeur 40 ne verra pas sa valeur augmenter. Il faut vraiment que les entraîneurs assimilent cette information.
 
On a évoqué l’augmentation des valeurs. Comment cela se passe pour les baisses ?
Là aussi, il y a plusieurs paramètres. Après une victoire de handicap, même si lors de sa course suivante, il termine loin dernier, il ne sera pas baissé sur l’échelle des valeurs. C’est pratiquement une autre règle d’or. Pour les autres baisses, il n’y en a pas. La baisse sera plus rapide pour le gagnant si on s’aperçoit que la course était finalement d’un niveau moyen. C’est la valeur sur sa carrière que l’on juge. On regarde aussi s’il court hors distance, sur un terrain différent, etc.
 
Est-ce que vous avez le nez sur les cotes ?
On les regarde. C’est simple, c’est notre baromètre. Laurent Gérard travaille avec nous comme observateur et est à l’affût des cotes “anormales”. On étudie de près la cote surtout quand un cheval dispute son premier handicap (première introduction sur le marché). Même si nous sommes quatre à élaborer les valeurs, les parieurs sont plus nombreux. Si un cheval est anormalement acheté par les parieurs, cela veut dire qu’on est les “c... du village”… C’est assez rare (rires) !
 
• Depuis peu, il y a des handicaps de 2 ans assez tôt dans l’année. Est-ce plus compliqué de donner une valeur cohérente à cette période ?
C’est moins facile, mais c’est possible grâce à la trame que nous utilisons. L’an dernier, les arrivées de ces premiers handicaps étaient correctes et logiques. Huit chevaux se tenaient en moins de 2 longueurs. Si on veut que l’échelle ne s’écroule pas, on est obligé de partir plus haut.
 
• On entend souvent dire que les concurrents étrangers sont avantagés…
C’est faux, pour courir, ils doivent se qualifier en France et donc avoir couru trois fois chez nous. Ils ont donc une valeur définie par nous. En France, nous n’avons pas d’handicaps internationaux comme dans d’autres pays.
N’avez-vous pas, même inconsciemment, tendance à survaloriser nos belles épreuves pour ne pas les dégrader ?
Consciemment ou inconsciemment non !
 
Subissez-vous des pressions des instances dans ce sens ?
Nous n’avons aucune pression. Sinon, on arrête. On a de nombreux échanges avec nos homologues étrangers pour maintenir nos échelles cohérentes. Notre rôle n’est pas de faire plaisir aux organisateurs, aux entraîneurs, aux éleveurs…
 
Et des entraîneurs, propriétaires ?
Non. Nous recevons une dizaine d’appels ou de mails par semaine, mais c’est généralement pour avoir une explication sur une valeur. Nous essayons au maximum de communiquer et depuis quelques années nous avons un “blog des handicapeurs” sur le site de France Galop.
 
• À l’avenir, pouvons-nous avoir une valeur PSF et une valeur gazon ?
C’est compliqué. On peut entrer très rapidement dans une usine à gaz. On s’aperçoit qu’il n’y a pas autant d’écart que ça. Bien évidemment que si vous courez dans le lourd de Saint-Cloud fin novembre ou sur PSF en juillet, il peut y avoir des différences. Je n’ai jamais vu un cheval en valeur 40 sur PSF et valeur 30 sur le gazon. Ça n’existe pas…
 
• Est-ce que le poids pour âge est encore justifié selon vous ?
On s’aligne avec le reste de l’Europe. En France, ce n’est pas très significatif, car il y a peu d’épreuves de 3 ans et plus, contrairement à nos homologues irlandais. Comme ils avaient un gros souci, cela a changé depuis deux ans. On est revenu à 3 kilos de différence comme c’était le cas dans les années 1990.
 
• Et le poids pour sexe ?
Il existe partout dans le monde. Au Japon et c’est loin d’être idiot, ils enlèvent le poids pour sexe dans les courses de 2 ans au premier semestre. Il augmente ensuite progressivement. Pour moi, c’est totalement justifié à 3 ans et plus. Tout le monde le pense en tout cas.
 
• Êtes-vous influencé par ce que vous pouvez lire ou entendre dans “Paris-Turf” ou sur Equidia ?
Je lis. J’écoute, mais je n’en tiens pas compte. Pareil pour l’avis des turfistes. Cela peut nous poser des questions mais c’est tout.
 
• Est-ce que supprimer les handicaps est une bonne idée ? Est-ce que le modèle “trotteur” est viable au galop ?
Tout d’abord, on serait un des seuls pays à le faire. Après, ce n’est pas mon rôle de dire si c’est une bonne ou une mauvaise idée. On entend beaucoup ça et tout de suite derrière on ajoute : “regarder les trotteurs, car ça fonctionne”… C’est compliqué. Prenons un exemple. Une course réservée aux 2 ans n’ayant pas reçu 15.000 euros. On va retrouver au départ un cheval ayant gagné 14.800 euros après douze tentatives à réclamer. Et un cheval qui termine cinquième, un peu vert, en débutant, et gagne ensuite son maiden très facilement. Si ce dernier cheval court, il y aura trois partants. Les gains, vous ne pouvez pas les effacer ou alors pour tous…
 
• Enfin, quel est la part d’humains et de mathématiques dans les valeurs ?
Je vais dire 20 % d’humains. Pas plus, sauf quand c’est très significatif. Au Chili, ils ont essayé de mettre en place un barème sans intervention humaine. Cela a fonctionné un an. Ils ont fait machine arrière…
 
 
Règles pour les handicaps
 
• Première règle :
Un cheval acheté dans une course à réclamer ne voit pas sa valeur modifiée à la baisse (demande de l’Association des Entraîneurs en 2002).
 
• Deuxième règle :
La baisse de la valeur pour une absence en compétition est de 2 kg pour une année (365 jours), soit 1 kg pour 6 mois (182 jours) et 1 livre pour 3 mois (91 jours).
 
• Troisième règle :
Dans les courses pour amateurs (gentlemen-riders et cavalières), la valeur des chevaux n’est pas modifiée, sauf s’il s’agit d’un handicap ou le gagnant à une pénalité de 1 kg.
 
• Quatrième règle :
La valeur d’un cheval peut être revue à la hausse lors de sa 4e ou 5e sortie, s’il fait une valeur supérieure à celle qui lui a été attribuée après sa 3e course.
 
• Cinquième règle :
Après la 5e performance d’un cheval, sa valeur ne pourra être modifiée à la hausse que s’il est à l’arrivée de listed-races ou de courses de groupes.
 
• Sixième règle :
La remise de poids pour les apprentis, jeunes jockeys, femmes jockeys n’est pas prise en compte pour le calcul de la valeur d’un cheval. Les décharges sont là pour compenser l’inexpérience ou le statut des femmes jockeys.
 
SOURCES : PARISTURF

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